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Expérimentez les Pouvoirs Transformateurs du Yoga

  • 16 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 mai

C'est dans la danse perpétuelle entre l'effort et le lâcher prise que le yoga nous transforme.

Les pouvoirs transformateurs du yoga
Les pouvoirs transformateurs du yoga

 

Il y a une tension au cœur du yoga que je trouve utile de nommer dès le départ : on demande à la fois d'essayer vraiment et de ne pas s'y accrocher. D'y mettre de l'effort et de rester léger. Pour quelqu'un qui commence, ça peut sembler contradictoire. Ça l'était pour moi aussi, au début.

Patanjali a mis des mots sur cette tension il y a des siècles. Dans les Yoga Sutras, au Sutra 1.13, il écrit : tatra sthitau yatno abhyasah. En sanskrit, abhyasa désigne la pratique au sens d'un effort soutenu et régulier. Sthitau, la stabilité intérieure que cet effort cherche à atteindre. Ce n'est pas la performance. Ce n'est pas la maîtrise d'une posture difficile. C'est quelque chose de plus tranquille : cultiver, jour après jour, un état d'équilibre.

Ce principe travaille en duo avec vairagya, le non-attachement. Et c'est là que ça devient intéressant.

Abhyasa sans vairagya, c'est de l'acharnement

Je le vois régulièrement dans mes cours. Des pratiquants assidus qui viennent chaque semaine depuis des années, mais qui s'épuisent à vouloir aller plus loin, plus vite, mieux. L'effort est là. L'accueil du moment, moins.

La pratique régulière du yoga, dans la tradition classique que j'enseigne, n'est pas un entraînement au sens sportif. C'est une accumulation patiente. Un matin difficile sur le tapis, corps raide, tête ailleurs, fait partie de la pratique autant qu'une séance où tout coule. C'est même là qu'on apprend le plus, si on accepte de regarder sans juger.

Vairagya : ce que le lâcher prise n'est pas

Le non-attachement est souvent mal compris. Ce n'est pas l'indifférence, ni abandonner ses intentions. C'est apprendre à distinguer ce qu'on peut influencer de ce qu'on ne peut pas. Sur le tapis, ça ressemble à ceci : je donne mon attention pleine à cette posture, maintenant, sans décider à l'avance de ce que je devrais ressentir ou atteindre.

Vairagya, c'est aussi se libérer des histoires qu'on porte sur soi. "Je ne suis pas souple." "Je ne serai jamais capable de cette posture." Ces pensées ne sont pas des faits. Ce sont des habitudes du mental, ce que Patanjali appelle les vrittis, les fluctuations de l'esprit. La pratique régulière, abordée avec le bon état d'esprit, aide doucement à les voir pour ce qu'elles sont.

Ce que ça change dans la pratique concrète

Ces deux principes ne sont pas une philosophie abstraite. Ils orientent la façon dont j'enseigne et dont je vous invite à pratiquer.

Abhyasa : vous montrez sur votre tapis, régulièrement, même quand vous n'en avez pas envie. La régularité fait plus que la perfection.

Vairagya : une fois sur le tapis, vous lâchez l'idée de ce que la séance "devrait" être. Vous accueillez ce corps-ci, aujourd'hui, avec ses raideurs, ses fatigues, sa sagesse du moment.

Ensemble, ils créent les conditions d'une transformation réelle. Pas spectaculaire. Réelle.

 

NOTE DE L'AUTEURE


Marie-Josée Rioux est fondatrice de Centre Yoga Santé et de Virtuel Yoga Santé. Certifiée Yoga Alliance RYT® 500 elle enseigne un yoga classique inspiré de la méthode B.K.S. Iyengar depuis presque vingt ans.

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